FAQ

 

Q: Qu’est-ce que la campagne « BDS »?
R: La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid. Les Palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde, afin que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente, en leur demandant de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire. Ils nous demandent également de faire pression sur les entreprises étrangères, notamment européennes, afin qu’elles arrêtent leur collaboration avec cet Etat criminel. Enfin, ils nous demandent de faire appliquer par nos Etats les sanctions qui auraient dû être appliquées depuis des dizaines d’années devant ce déni de droit intolérable. Il apparaît aujourd’hui que, loin des grands débats théoriques, la campagne BDS est une arme efficace pour faire plier Israël, d’autant que nous ne pouvons rien attendre de l’Onu ou des autres pays.

Q: Quelles sont les revendications précises de la campagne « BDS »?
R: La campagne BDS demande tout simplement l’application du droit international, à savoir: (1) le droit au retour pour tous les réfugiés; (2) la fin de la colonisation, de l’occupation, du blocus de Gaza et le démantèlement du Mur; (3) la fin de l’apartheid pour les Palestiniens de 48 (dits « Arabes israéliens »).

Q: Est-ce que le boycott sert à quelque chose?
R: L’histoire nous montre que les boycotts et les sanctions peuvent être efficaces. Pour faire cesser la colonisation, les Américains au XVIIIème siècle, les Québécois au XIXème siècle et les Indiens, à l’appel de Ghandi dans les années 1930, boycottaient les produits anglais. Pour faire cesser la discrimination, les noirs américains, à l’appel de Martin Luther King boycottaient les bus de Montgomery. Acte citoyen, on se souvient en France du boycott du veau aux hormones et de celui de Nestlé dans les années 1970, ou de celui de l’huile de palme aujourd’hui. En 1980, une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis et Israël, boycottaient les Jeux olympiques de Moscou pour protester contre l’intervention soviétique en Afghanistan… En 1989, la simple menace du Parlement Européen de geler les fonds alloués à la coopération scientifique avec Israël incite le gouvernement israélien à rouvrir progressivement les universités fermées. Mais bien sûr, l’exemple le plus évident de l’efficacité des campagnes BDS est celui de l’Afrique du Sud où, dans les années 1980, la pression internationale a été suffisamment forte pour créer un changement politique et juridique important. C’est le même processus qui se développe aujourd’hui.

Q: Comparer Israël et l’Afrique du Sud de l’Apartheid n’est-il pas exagéré?
R: Toute comparaison est imparfaite et c’est pourquoi nous avons accumulé lesarguments montrant que la situation des Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés s’apparente, par de nombreux aspects, à celle vécue par les Noirs en Afrique du Sud dans les années 1980. Mais le mot apartheid n’est pas simplement une description de ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Le crime d’apartheid est défini en droit international comme un crime contre l’humanité. L’apartheid y est défini comme « un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime. » Nous pouvons démonter aujourd’hui que dans ses lois comme dans ses pratiques, l’Etat d’Israël est coupable d’apartheid envers sa population non-juive.

Q: Pourquoi s’en prendre à Israël et pas à de plus grosses puissances?
R: Pourquoi pas Israël ? Nous dénonçons l’injustice et l’oppression partout où elle s’exerce, d’Afghanistan à la Tchétchénie, d’Irak en Kanaky… Mais si nous boycottons Israël, c’est aussi parce que les Palestiniens nous le demandent, ce qui n’est pas le cas des autres populations opprimées qui ont choisi d’autres formes de resistance…

Q: Le boycott n’est-il pas une punition collective contre tous les Israéliens?
R: En l’état actuel, l’appel au boycott ne concerne que les institutions, pas les individus, si toutefois ces individus sont clairement détachés de toute organisation israélienne, sioniste ou liée au gouvernement israélien. Il faut rappeler que des Israéliens, regroupés sous le nom de « boycott from within », nous demandent également de boycotter leur pays.

Q: Le boycott n’est-il pas une mesure trop sévère à l’égard des Israéliens?
R: En l’état actuel, la campagne BDS prend de l’ampleur autour de quelques cibles, principalement de grandes multinationales ou entreprises israéliennes (Caterpilar, Veolia, Agrexco par exemple). C’est la réputation des israéliens qui est affectée, plus que leur train de vie ou leur bien être. Si, dans l’avenir, une telle campagne avait des conséquences néfastes d’un point de vue humanitaire, il est évident qu’elle serait réévaluée. Mais cette éventualité est hautement improbable puisque, et c’est notre but, l’Etat d’Israël serait contraint, bien avant d’en arriver là, à se plier aux injonctions du droit international.

Q: Le boycott n’est-il pas un obstacle au libre échange?
R: Le droit des peuples est supérieur à la liberté d’entreprendre.

Q: Le boycott s’attaque-t-il aux produits casher?
R: Bien sûr que non! Nous ne boycottons pas les produits casher espagnols ou français! En revanche, nous boycottons les produits israéliens, qu’ils soient casher ou non. Notre combat, tout comme la guerre au Proche-Orient, n’est ni racial, ni religieux, ni communautaire. Ce sont les responsables de l’oppression des Palestiniens qui sont visés: entreprises, gouvernement et institutions israéliennes, mais aussi, par exemple, les entreprises françaises qui collaborent à cette oppression. Si nécessaire, nous n’hésiterons pas à réitérer nos arguments pour faire cesser le chantage honteux à l’antisémitisme…

Q: Le boycott désigne-t-il des produits identifiés comme absolument « bons » ou « mauvais »?
R: Non. L’appel au boycott, lancé par la société civile palestinienne, laisse aux groupes de solidarité du monde entier le soin de définir localement les produits visés par le boycott, en tenant compte de toutes les exceptions et spécificités locales. Dans notre esprit, mieux valent quelques cibles bien identifiées et une large coalition que de longues listes noires inefficaces et impopulaires.

Q: Le boycott n’affecte-il pas aussi les Palestiniens eux-mêmes?
R: En 2005, l’appel au boycott a été lancé par les Palestiniens qui en ont bien mesuré les conséquences et qui sont prêts à en payer le prix.

Q: Le boycott universitaire et culturel ne coupe-t-il pas court à toute possibilité de dialogue? 
R: Bien sûr que non, puisque le boycott ne s’attaque qu’aux institutions. Un tel dialogue existe d’ailleurs, mais il est limité car, contrairement aux idées reçues, une très faible minorité d’intellectuels israéliens s’oppose à l’occupation alors qu’une grande majorité y participe, activement ou passivement.

Q: Seuls les produits des colonies sont illégaux, alors pourquoi boycotter tous les produits israéliens?
R: D’abord, les discriminations que nous dénonçons touchent également les Palestiniens à l’intérieur des frontières d’Israël. Ensuite, la résolution 194 de l’ONU stipule le respect et la mise en œuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons, y compris à l’intérieur des frontières de 1948. Enfin, dans sa dimension coloniale, c’est bien l’Etat d’Israël, son armée et ses entreprises qui sont responsables et qui profitent économiquement de l’occupation de tous les territoires illégaux, de la construction du Mur, du blocus de Gaza etc. A l’époque de l’Apartheid, n’aurait-il pas été absurde de ne boycotter que les bantoustans et pas le Cap, Johannesburg ou Pretoria? Pour plus d’informations sur ce sujet, voir: http://www.whoprofits.org/

 

 

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