Déclaration de BNC sur la campagne israélienne en cours pour réduire au silence Omar Barghouti et réprimer le mouvement BDS

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22 mars, 2017 — Le matin du dimanche 19 mars, les autorités fiscales israéliennes ont fait irruption dans la maison d’Omar Barghouti, éminent défenseur palestinien des droits de l’homme et cofondateur du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) pour la liberté, la justice et l’égalité du peuple palestinien. Ce jour-là ils ont détenu et interrogé Omar et son épouse Safa pendant 16 heures. Omar subit actuellement son quatrième jour d’interrogatoire.

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Lettre ouverte au directeur du Cinemed et à son équipe

L’Appel au BDS des Palestiniens

Depuis juillet 2005, la plus grande coalition de la société civile palestinienne jamais rassemblée appelle au Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. Calqué sur le boycott de l’apartheid de l’ancienne Afrique du Sud le BDS est l’arme non violente pour obliger Israël à abandonner son système d’apartheid et respecter les droits fondamentaux de tous les palestiniens (qu’ils soient colonisés, Réfugiés ou vivant en Israël). Le Boycott culturel est un des axes forts de l’Appel BDS Palestinien « il appelle à cibler les institutions culturelles, les projets et événements qui continuent à servir les objectifs du régime colonial et d’Apartheid israélien ».

Le monde du cinéma a répondu à cet Appel

Cet appel a été entendu par le monde du cinéma qui s’est engagé dans le boycott d’Israël. En juillet  2010, Dustin Hoffman et Meg Ryan ont refusé de participer au Festival de cinéma de Jérusalem en raison de l’attaque contre la Flottille de la liberté ! Le réalisateur britannique Ken Loach, mondialement connu boycotte et a appelé avec Rebecca O’Brien (productrice) et Paul Laverty (scénariste) au boycott des événements culturels financés par Israël. Avec  d’autres, ils ont refusé et renvoyé la subvention versée par l’ambassade d’Israël à Londres au festival d’Edinbourg en 2009 et ainsi sanctionné ce sponsor indésirable ! L’écrivain et célèbre réalisateur britannique Mike Leigh (Naked en 1993, Secrets et mensonges en 1996, Be happy en 2008 et Another year présenté à Cannes a annulé la visite qu’il devait faire en Israël à l’école de Cinéma et Télévision Sam Spiegel de Jérusalem déclarant :  «(…) les agissements de votre gouvernement vont de mal en pis, (…) ma visite apparaîtrait sans nul doute comme un soutien implicite de ma part à Israël».

Répondant nous mêmes à cet Appel nous vous avions envoyé un courrier l’an dernier pour protester contre la présence de films israéliens au Cinémed 2011 et formulé une demande de rendez-vous pour échanger sur la question.

Dans votre réponse expéditive vous affirmiez : « Votre attitude, pour politiquement et idéologiquement compréhensible (je suis moi même très attaché à la défense du peuple palestinien), n’est qu’une pierre de plus à l’édifice obscurantiste. La lumière ne vient que de la connaissance, jamais de la posture outragée ».

La suite des événements apporte effectivement « la lumière » sur vos choix politiques. En invitant officiellement le Consul Général d’Israël au cinémed 2012 vous démontrez magistralement que le cinéma n’est pas « au dessus » de la politique, qu’Israël en fait bien une arme idéologique et que vous avez choisi de  dérouler le tapis rouge à la propagande israélienne. Ce n’est pas ce que nous attendons de vous.

Mme Limor Livnat ministre israélienne de la Culture et des sports est on ne peut plus claire : « Le cinéma israélien prouve à chaque fois que la culture est la meilleure ambassadrice de l’Etat ».

La preuve ? : Que trouve t-on à la Une du site du Consulat Général d’Israël à Marseille ? L’annonce des 10 films présentés au cinémed, et quel est le premier réalisateur mis en exergue dans l’article ? : Ra’anan Alexandrovic. Précisément celui qui présente cette année le documentaire le plus percutant contre la colonisation israélienne. Totalement instrumentalisé, Alexandrovic permet à Israël de dire : voyez comme nous sommes démocratiques et éclairés (encore « la lumière »), nous acceptons la critique la plus féroce.

Comme l’ont déclaré 35 personnalités israéliennes du monde de la culture : « Malheureusement, la machine de propagande israélienne utilise également la création artistique, y compris le cinéma, pour donner d’Israël l’image d’un état démocratique et éclairé, afin de camoufler des crimes de guerre, la ségrégation, l’occupation et la répression ».

C’est pour ne pas être instrumentalisé de cette façon que le réalisateur indépendant israélien, Eyal Sivan n’a jamais sollicité des financements d’Israël : « Jʼai toujours agi de manière à éviter que mon travail puisse être instrumentalisé et revendiqué comme une preuve de lʼattitude libérale dʼIsraël ; une liberté dʼexpression et une tolérance qui ne sont accordées par l’autorité israélienne quʼà l’égard, bien sûr, des critiques juives israéliennes. » (…) « Cest pourquoi, toujours de manière non violente, je continuerai à mopposer, et à inciter mes pairs à faire de même, contre le régime israélien dʼapartheid et contre le « traitement spécial » réservé dans les démocraties occidentales à la culture israélienne officielle dʼopposition. »

Le Boycott :  Voilà ce que les Palestiniens attendent du monde du cinéma israélien.

Le Boycott : Voilà ce que les Palestiniens attendent des occidentaux qui sont « très attachés à la défense du peuple palestinien ».

Cinémed 2011

Fin octobre se tenait à Montpellier, comme chaque année, le festival Cinémed du film Méditerranéen. Et comme chaque année, l’édition 2011 présentait son lot de films israéliens, que nous appelons à boycotter.

L’an dernier déjà nous avions fait irruption dans une salle lors de la projection d’un film israélien vidéo de l’action à voir dans la rétrospective 2010).

Nous sommes allés cette année distribuer un tract expliquant notre position lors de la soirée d’ouverture du festival: Tract Cinemed. L’accueil a été pour le moins agressif de la part des responsables de l’évènement, qui après nous avoir bien crié dessus on fait intervenir la sécurité afin de nous mettre dehors. Nous tenons à saluer la réaction d’un couple, qui bien qu’ayant acheté ses places pour la soirée, a renoncé à y participer voyant le traitement qui nous a été réservé.

Nous sommes retournés un autre soir diffuser devant l’entrée du festival juste avant la projection d’un de ces films israéliens.

Avant le début du festival, nous écrivions au directeur pour lui expliquer notre point de vue:

Courrier à l’équipe du Cinemed

Quelques jours plus tard, voici la réponse qui nous était faite:

 » Avez-vous vu (ce qui me paraît difficile) les deux films israéliens de la compétition : l’un donne la parole aux femmes du Hamas, l’autre montre le désenchantement de l’utopie sioniste. N’irez-vous pas voir « My land » de Nabil Atouch, cinéaste marocain, qui interroge des éxilés palestiniens et vient mettre sous le nez de jeunes israéliens leurs témoignages ?

Votre attitude, pour politiquement et idéologiquement compréhensible (je suis moi-même très attaché à la défense du peuple palestinien), n’est qu’une pierre de plus à l’édifice obscurantiste. La lumière ne vient que de la connaissance, jamais de la posture outragée. »

 

Je ne crois pas avoir appeler à boycotter des films marocains…!

 

Voici la réponse que nous avons envoyé au directeur du festival:

 

Le combat continue!