Le journaliste Muhammad al-Qiq entame une nouvelle grève de la faim

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Muhammad al-Qiq lors de sa libération d’une prison israélienne en mai 2016. Wisam Hashlamoun APA images

Charlotte Silver – Electronic Intifada – 8 février 2017

Le journaliste palestinien Muhammad al-Qiq a entamé une nouvelle grève de la faim en signe de protestation contre le fait qu’Israël l’ait une fois de plus emprisonné sans accusation ni procès.

Le 15 janvier, al-Qiq a été arrêté à un checkpoint militaire près de Ramallah, une ville de Cisjordanie occupée. Il rentrait alors d’une manifestation à Bethléem.

Depuis, il a subi des interrogatoires et sa détention a été prolongée à plusieurs reprises.

Il a annoncé sa grève de la faim après qu’une décision administrative ait été prononcée contre lui.

Des décisions de détention administrative, au moyen desquels Israël enferme des Palestiniens sans accusation ni procès, peuvent être renouvelées indéfiniment. Il y a moins d’un an que al-Qiq a refusé les repas pendant plus de 90 jours, protestant aussi de cette manière aussi de protester contre le fait d’être soumis à la détention administrative.

Al-Qiq a mis fin à sa grève de la faim lorsqu’Israël a accepté de ne pas prolonger l’ordre de détention administrative alors pris contre lui. Il a été libéré en mai 2016.

Absence de preuve

Fayha Shalash, la femme d’al-Qiq, a dit que le dernier ordre de détention administrative était une preuve de « l’échec » d’Israël à trouver la moindre preuve qui lui permettrait d’inculper son mari.

Lors de son arrestation le mois dernier, un porte-parole du Shin Bet, l’agence israélienne d’espionnage interne, a dit au Jerusalem Post qu’al-Qiq était arrêté « sur la base de soupçons d’implication dans une incitation au terrorisme contre Israël et de reprise d’activité avec le Hamas ».

Mais les autorités israéliennes ont encore à présenter une preuve à l’appui de ces accusations. Et ce, en dépit de la façon dont Israël a étendu sa définition de « l’incitation » au cours des deux dernières années.

Une conséquence est que de nombreux Palestiniens, dont quelques journalistes, ont été accusés de cette offense, sur la base de commentaires ou de contenu de leurs messages sur internet.

Fin janvier, al-Qiq a été mis à l’isolement dans la prison Hadarim en Israël.

Des attaques violentes

Sa grève de la faim coïncide avec la publication d’un nouveau rapport qui documente une poussée d’attaques violentes de la part du service pénitentiaire d’Israël contre des prisonniers palestiniens.

Publié conjointement par un certain nombre de groupes palestiniens de défense des droits humains, le rapport établit que des dizaines d’agressions lors de raids nocturnes ont été perpétrées contre des Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes à la fin du mois de janvier et au début de février.

Certaines de ces attaques se sont produites après que deux gardiens de deux prisons différentes aient été, selon les media israéliens, poignardés avec des tournevis occasionnant de légères blessures.

Issa Qaraqe, le chef des affaires concernant les prisonniers pour l’Autorité Palestinienne, a rapporté que des prisonniers étaient forcés de se déshabiller complètement et de se tenir nus à l’extérieur, par temps froid, tandis que les gardiens  s’en prenaient à leurs affaires personnelles pour les saccager.

D’autres raids de la part de responsables de la prison de Nafha se sont néanmoins produits avant l’incident des tournevis. Quelques prisonniers sont dits avoir été attaqués pendant ces raids.

Une autre forme de punition collective est rapportée s’agissant d’autorités pénitentiaires israéliennes ayant placés 15 hommes à l’isolement après l’incident du tournevis à Nafha.

530 Palestiniens environ sont actuellement en détention administrative en Israël.

Au total, 590 Palestiniens, dont 128 enfants et 14 femmes ont été arrêtés par Israël rien qu’en janvier.

Charlotte Silver – Electronic Intifada – 8 février 2017

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine
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