Malgré la répression, BDS marque des points en France

Ali Abumimah et BDS Beat – 24 octobre 2016 – The Electronic Intifada

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Les militants français sont reconnaissants à la ville d’Ivry-sur-Seine d’avoir voté une résolution soutenant le mouvement pour les droits des Palestiniens (via BDS France – (1)).

En dépit d’une répression sévère par le gouvernement de la France, la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions continue de marquer des points dans sa démarche pour faire tenir Israël responsable de ses violations des droits des Palestiniens.

Le 20 octobre, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, en périphérie de Paris, 60 000 habitants, a voté à une large majorité un appel au gouvernement français pour qu’il mette fin à sa criminalisation du BDS et du militantisme de solidarité avec la Palestine.

La résolution, présentée par le groupe Convergence citoyenne yvrienne, reconnaît l’appel palestinien pour le BDS et exhorte la France à interdire l’importation des produits venant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et sur le plateau du Golan en Syrie.

La résolution stipule que le mouvement BDS, « inspiré par la lutte victorieuse contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud », fait l’objet d’une « criminalisation grandissante et inacceptable, qui porte atteinte aux droits des citoyens et qui vise, avant tout, à réduire au silence toute critique de la politique et des actions illégales d’Israël ».

Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine demande au gouvernement français de mettre fin à cette répression et de faire tout ce qui est en son pouvoir « pour qu’Israël se conforme au droit international et applique les résolutions des Nations-Unies ».

La résolution engage aussi la municipalité à examiner quelles sont ses options juridiques pour refuser les contrats avec des entreprises qui violent les normes internationales des droits de l’homme par leur implication dans les colonies d’Israël.

Le groupe de la campagne BDS France salue la résolution, notant qu’Ivry-sur-Seine est maintenant au moins la deuxième ville française à voter une mesure sur les droits des Palestiniens, et qu’un certain nombre de municipalités en Espagne se sont déclarées zones « libres de l’apartheid israélien ».

En juin, le conseil municipal de Bondy, ville de 50 000 habitants, au nord-est de Paris, a adopté une résolution, par 39 voix contre 5, affirmant que c’est un droit fondamental des citoyens que de refuser d’acheter des produits des colonies israéliennes.

La ville a également promis de ne se procurer elle-même aucun de ces produits.

 

Mettre fin à la répression

BDS France salue aussi le vote du congrès du syndicat des chercheurs scientifiques CGT-Inra, plus tôt ce mois-ci, qui approuve l’appel palestinien au BDS (2).

Également, et dans les mêmes moments, la Cimade, importante organisation non gouvernementale, oeuvrant avec les réfugiés et les demandeurs d’asile, ajoutait sa voix à la clameur grandissante contre la politique répressive du gouvernement français (3).

« La Cimade dénonce la multiplication des procédures policières et judiciaires contre des militants du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien… et demande à nouveau au gouvernement de cesser de criminaliser le mouvement BDS » demande le groupe.

Créée durant la Deuxième Guerre mondiale, en tant qu’organisation protestante œcuménique, la Cimade a milité pour protéger les juifs et les aider à échapper à la France occupée par les nazis.

 

Le retrait du Portugal

Dans un autre succès récent de la campagne en Europe, au mois d’août, le Portugal annonçait qu’il se retirait d’un projet financé par l’Union européenne avec le ministère de la Sécurité publique et la police nationale d’Israël.

Le projet appelé LAW TRAIN vise à « unifier les méthodologies des interrogatoires de la police », selon un communiqué de presse du Comité national palestinien du BDS (BNC).

« Cette décision du Portugal donne de l’espoir à notre peuple et elle envoie le message fort à Israël qu’il n’est pas question d’agir comme si de rien n’était (pas de ‘business as usual’) tant que se poursuivront l’agression militaire contre Gaza et la répression en Cisjordanie » a déclaré Jamal Juma’, coordinateur de Stop the Wall, organisation membre du BNC (4).

Juma’ note l’utilisation systématique de la torture par Israël lors des interrogatoires. Les militants exhortent les autres gouvernements et les entreprises de l’Union européenne, notamment la Belgique et l’Espagne, à suivre l’exemple du Portugal.

 

1 – https://www.bdsfrance.org/la-campagne-bds-france-felicite-la-municipalite-divry-pour-son-voeu/

2 – https://www.bdsfrance.org/la-cgt-inra-rejoint-la-campagne-bds-france/2 –

3- https://www.bdsfrance.org/assez-de-menaces-sur-les-militants-pour-la-paix-en-palestine/

4 – https://www.bdsfrance.org/le-gouvernement-portugais-se-retire-dun-projet-controverse-avec-la-police-israelienne-apres-des-pressions-du-bds/

 

 

https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/despite-crackdown-bds-makes-gains-france

Traduction : JPP pour BDS France

 

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