Appel à Carlos Santana : “ne fêtez pas l’apartheid, annulez votre concert à Tel Aviv”

PACBI | 2 mai 2016

Veuillez signer cette pétition qui demande à Carlos Santana d’annuler son prochain concert à Tel Aviv, cliquez ici.

« Exactement comme nous disions à l’époque de l’apartheid qu’il était malvenu que des artistes internationaux se produisent en Afrique du Sud dans une société fondée sur des lois discriminatoires et une exclusivité raciale, il serait tout aussi néfaste que l’Opéra de Cape Town se produise en Israël. »

Desmond Tutu, 26 octobre 2010

Cher Carlos Santana,

Jérusalem occupée, le 12 avril 2016

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) vous demande d’annuler votre concert programmé pour le 30 juillet 2016 à Tel Aviv. Nous vous demandons de respecter notre ligne militante et de rejoindre les centaines d’artistes du monde entier qui ont refusé de se produire en Israël tant que celui-ci continue à dénier leurs droits fondamentaux aux Palestiniens au mépris de la législation internationale. (1)

La société palestinienne a demandé aux artistes internationaux de soutenir le boycott culturel d’Israël, comme ils avaient refusé d’entretenir l’apartheid en Afrique du Sud en solidarité avec la lutte des opprimés pour la liberté, la justice et l’égalité. (2) Avec l’isolement croissant d’Israël dans le monde, de moins en moins d’artistes souhaitent être associés à son régime d’occupation, de colonialisme et d’apartheid. (3)

En tant que personnage public, vous avez usé de votre influence pour promouvoir des causes sociales et les droits civiques, dont les droits des enfants. Vos fans dans le monde entier, non seulement vous apprécient en tant que remarquable virtuose du monde de la musique, mais ils admirent profondément aussi votre engagement dans les rendez-vous sociaux, tels que votre rôle dans l’établissement en 1998 de la Fondation Milagro, organisation qui « profite aux enfants défavorisés et vulnérables à travers le monde ». Comment ce louable engagement envers les droits de l’Homme peut-il s’accorder avec le fait de jouer dans un pays qui viole constamment ces droits ?

Israël se sert des prestations des artistes internationaux comme d’un aval à ses crimes et pour distraire l’attention du monde de la condition des Palestiniens. (4) Indépendamment de vos intentions, la machine de propagande d’Israël utiliserait votre prestation à Tel Aviv pour camoufler ses crimes contre le peuple palestinien en général et les enfants en particulier, y compris le déni de leurs droits fondamentaux à un accès sans entraves à l’éducation, à des soins de santé appropriés, à la liberté de circulation et, souvent, même au droit à la vie.

La section palestinienne de Défense Internationale des Enfants (DCI) a collecté des renseignements sur la longue série de crimes contre les enfants palestiniens, y compris la violence des mauvais traitements et la torture des enfants prisonniers. (5)

Rien qu’en 2014, en incluant l’attaque brutale contre Gaza, les forces militaires israéliennes ont tué des centaines d’enfants palestiniens, d’après les chiffres de l’ONU, incitant Leila Zerrougui, Représentante Spéciale à l’ONU du Secrétariat Général pour les Enfants et les Conflits Armés, à recommander d’inclure l’armée israélienne dans la liste des forces armées responsables du meurtre et des mutilations d’enfants.

Le degré d’incitation contre les Palestiniens de la part des fonctionnaires et des colons illégaux a atteint des niveaux sans précédent dans la société israélienne. Presque quotidiennement, de jeunes Palestiniens sont tués dans des exécutions extrajudiciaires condamnées par Amnesty International et d’autres associations de droits de l’Homme. (6) Les tribunaux militaires d’Israël détiennent actuellement 406 enfants en prison, et 670 détenus administratifs, retenus sans procès ni jugement en bonne et due forme et soumis de la torture et des mauvais traitements. (7)

Selon un récent sondage, 48 pour cent des Israéliens soutiennent l’expulsion des Palestiniens et 79 pour cent sont d’accord pour que les Israéliens bénéficient de plus de droits que les Palestiniens. (8) Ces statistiques ne sont pas sans conséquence alors que les Palestiniens sont la cible principale du fanatisme croissant d’Israël provoqué depuis le plus haut sommet du gouvernement. (9)

Sur votre page Facebook, vous mentionnez que votre concert est ouvert « à quiconque souhaite y assister ». (10) Les Palestiniens dans leur écrasante majorité sont des réfugiés à qui, jusqu’à aujourd’hui, on dénie le droit de revenir chez eux. A quelques minutes du lieu de votre concert, presque 2 millions de Palestiniens sont sous un blocus illégal et inhumain dans la Bande de Gaza, privés même du droit de reconstruire leurs maisons détruites par Israël pendant le dernier massacre en 2014. (11)

Les Palestiniens de Cisjordanie vivent eux aussi derrière un mur, déclaré illégal en 2004 par la Cour Internationale de Justice, utilisé pour isoler leurs communautés et pour qu’Israël s’approprie leurs terres. (12) Des centaines de checkpoints et d’obstacles à la circulation privent les Palestiniens de leur liberté de mouvement, y compris à l’intérieur de la Cisjordanie. (13) Les Palestiniens d’Israël sont soumis à plus de 50 lois qui leur impose une discrimination fondée sur la race. (14)

La donation du montant de votre concert à Médecins sans Frontières ne le rend pas moins problématique. C’est la même chose que jouer dans les années 1980 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, contre la volonté de l’écrasante majorité des opprimés qui s’y trouvaient, et de donner les bénéfices à quelque œuvre de charité. Alors que nous soutenons le fait de faire des dons à cette louable organisation, ce ne peut être aux frais d’une contribution au camouflage des violations flagrantes des droits des Palestiniens par Israël.

Nous faisons appel à votre solidarité de principe pour ne pas saper notre résistance non-violente à l’oppression d’Israël. Nous vous exhortons à vous tenir du bon côté de l’histoire comme vous l’aviez fait pendant l’apartheid en Afrique du Sud.

Sincèrement vôtre,

PACBI

13 avril 2016

 

[1] Voyez ici, ici et ici des exemples de promesses de boycott culturel par des centaines d’artistes, quelques unes des voix prépondérantes dans leur domaine.

[5] Voir aussi le dossier 2016 de Human Rights Watch « La police israélienne maltraite les enfants détenus ».

[6] https://www.amnesty.org/en/documents/mde15/2633/2015/en/
[7] http://www.addameer.org/israeli_military_judicial_system/administrative_detention
[8] https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2016/03/08/how-israels-jewishness-is-overtaking-its-democracy/
[9] http://www.alternet.org/world/prime-sinister-new-faces-netanyahus-new-israeli-government
[10] https://www.facebook.com/carlossantana/posts/10153621244536359
[11] http://www.theguardian.com/world/2015/sep/02/gaza-becoming-uninhabitable-as-society-can-no-longer-support-itself-report
[12] http://www.aljazeera.com/indepth/features/2012/12/20121225825178322.html
[13] http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_the_humanitarian_monitor_2016_01_05_english.pdf
[14] http://mondoweiss.net/2015/06/database-discriminatory-israel/

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : PACBI

 

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