LETTRE OUVERTE AU CINEMED : DÉCOLONISEZ VOS ESPRITS !

Lettre ouverte au Président du Festival CINEMED 2015 aux membres du comité organisateur

DÉCOLONISEZ VOS ESPRITS !

Bien que le Consulat d’Israël à Marseille affiche sur son site la présence de films israéliens au Cinemed 2015, « avec le soutien » du Consulat, nous constatons avec satisfaction, que contrairement aux années précédentes, le Festival Cinemed n’affiche officiellement aucun accord de partenariat avec le consulat d’Israël à Marseille.

Nous enregistrons ce fait comme un pas vers des positions plus respectueuses à l’égard du peuple palestinien et aussi à l’égard de votre public qui comme l’opinion dans son ensemble en a assez des crimes et de cet Etat qui viole en permanence le droit international et les droits humains.

Comment auriez-vous pu recevoir le Consul d’Israël au moment où la jeunesse palestinienne en Israël comme en Palestine occupée, se révolte par milliers, au péril de sa vie, contre la colonisation, l’occupation, les humiliations quotidiennes et l’absence d’avenir?

Comment auriez-vous pu recevoir en grande pompe le consul d’Israël dont le négationniste premier ministre vient de soulager Hitler de la culpabilité de l’holocauste pour en rendre les palestiniens responsables ?

Pour autant vous persistez aveuglément dans la voie de la « normalisation ». La normalisation est évidemment prônée par l’occupant israélien. Sous prétexte (démagogique) de « dialogue » son unique but est de masquer le rapport de violence structurel du colonisateur à l’égard du colonisé. Puisque vous prétendez prendre en considération les Palestiniens, écoutez que qu’ils disent de ce prétendu « dialogue » :

«  Dans tous ces contextes, le « dialogue » et l’engagement sont souvent présentés comme des alternatives au boycott. Le dialogue, s’il survient en dehors du cadre de résistance que nous avons souligné, devient un dialogue pour le dialogue, et c’est une forme de normalisation qui entrave la lutte pour mettre fin à l’injustice. Le dialogue, les processus de « guérison » et de « réconciliation » qui ne visent pas à mettre fin à l’oppression, indépendamment des intentions qui les sous-tendent, servent à privilégier la coexistence oppressive au détriment de la co-résistance, car ils présument de la possibilité de coexistence avant l’obtention de la justice. L’exemple de l’Afrique du Sud éclaire parfaitement ce point, où la réconciliation, le dialogue et le pardon sont venus après la fin de l’apartheid, et pas avant, indépendamment des questions légitimes soulevées par la persistance de ce que certains ont appelé « l’apartheid économique ».

La logique de la « normalisation » vise à faire croire qu’il est possible de vivre et d’avoir des relations « normales » entre colonisateurs et colonisés. « Il faut penser à la normalisation comme à une « colonisation de l’esprit », par laquelle le sujet opprimé en vient à croire que la réalité de l’oppresseur est la seule réalité « normale » à laquelle il peut souscrire, et que l’oppression est un fait accompli dont il doit s’accommoder. Ceux qui sont impliqués dans la normalisation soit ignorent cette oppression, soit l’acceptent comme le statu quo avec lequel il faut vivre. »([1])

La « normalisation » est l’outil privilégié de la propagande israélienne et de ses agents à l’étranger. C’est également une cible privilégiée à combattre selon le PACBI([2]) et le BNC ([3]) Palestinien qui ont déterminé un certain nombre de critères justifiant ou non le boycott. Car vous l’aurez compris, le boycott ne vise ni les personnes, ni les œuvres mais leur instrumentalisation institutionnelle par l’Etat israélien et ses représentants.

Ainsi est sujet à boycott « « la participation à tout projet, initiative ou activité, en Palestine ou internationalement, qui vise (implicitement ou explicitement) à réunir des Palestiniens (et/ou des Arabes) et des Israéliens (individus ou institutions) sans que ce projet, initiative ou activité ait comme objectif la résistance à et la dénonciation de l’occupation israélienne et de toutes les formes de discrimination et d’oppression contre le peuple palestinien. » (2) ([4] ).

Vous n’avez nul besoin de recourir aux thèses coloniales de la « normalisation » pour justifier les invitations d’auteurs et de films israéliens en dehors de tout partenariat avec le Consulat israélien. Encore une fois, le BDS ne vise ni les auteurs ni les œuvres (sauf si les thèses racistes de Netanyahu étaient ouvertement prônées par exemple).

Vous n’avez pas contracté de partenariat avec l’Etat d’Israël en 2015, pour 2016, décolonisez vos esprits et bannissez la « normalisation » israélienne !

Comité BDS France 34

27 octobre 2015

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[1] http://www.ism-france.org/analyses/L-exceptionnalisme-d-Israel-Normaliser-l-anormal-article-16485

[2] PACBI : Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel

[3] BNC : Comité National Palestinien du BDS

[4] http://www.ism-france.org/analyses/L-exceptionnalisme-d-Israel-Normaliser-l-anormal-article-16485

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